Marathon de Paris / Marathon des Causses, Adrien DICQUE

Il aura fallu attendre 30 mois pour retrouver le Marathon de Paris, reporté puis annulé en 2020 en raison de la pandémie puis une fois de plus en avril dernier, date à laquelle il se déroule habituellement. La date a finalement été fixée au 17 octobre 2021.

  • LA PREPARATION MARATHON

Voilà donc maintenant plus d’un an que j’ai mon dossard et que j’attends d’engager une préparation marathon sérieuse. Une préparation qui débute plus ou moins au mois d’août, soit 10 semaines en amont de la course.

La préparation se déroule comme prévue et les séances s’enchainent sans accroc. A ma grande surprise, je ne me blesse pas. Moi qui suis facilement sujet aux douleurs et fraichement débarrassé d’une tendinite du fascia lata (le fameux syndrome de l’essuie-glace), j’ai enfin pu apprécier les plaisirs d’une préparation sans interruption forcée.

10 semaines d’entraînement sans vraiment de plan prédéfini à l’avance. Ce que j’aime particulièrement avec la course à pied, c’est cette liberté de pouvoir aller courir quand je veux, aussi longtemps que je veux et à l’intensité souhaitée. Suivre un plan d’entraînement avec des séances définies chaque jour n’est pas vraiment fait pour moi.

Néanmoins je tâche de tenir un rythme d’au moins 4 séances par semaine auxquelles s’ajoutent quelques heures de vélo ainsi que des séances de renforcement musculaire et proprioception. Au global, une préparation assez hétérogène avec un volume d’entraînement allant de 4h à 10h d’activité physique par semaine, ma plus grosse semaine de course à pied s’élevant à 65 km.

Le 17 octobre prochain, l’objectif est clair : passer sous la barre des 3 h au marathon. Il me faudra tenir une allure de 4’15/km pendant 42,195 km. Physiquement et mentalement, je me sens prêt, mais il est difficile de prévoir tout ce qui peut se passer durant 3 h de course. Rendez-vous à Paris pour le savoir.

  • MARATHON DANS LA PLUS BELLE VILLE DU MONDE

6 h 30… La sonnerie du réveil retentit. Je n’ai pas bien dormi, 5 h tout au plus. La pression de la veille de course (Lillois d’origine mais ici rien à voir avec la bière) a eu raison de mon sommeil. 

J’entame le petit déjeuner avec une assiette de pâtes au beurre, que je complète avec un yahourt nature dans lequel je verse 40 g de macadamia vanille Holyfat. Un régal. Niveau hydratation, je bois près d’1,5 L d’eau jusqu’au départ. 

En parlant de départ, le voilà plus proche que jamais. Il est 9 h, j’entre dans le SAS 3 h correspondant à mon dossard. L’émotion monte. Autour de moi les visages sont enthousiastes, impatients, apeurés pour certains. 

9 h 23… Cette fois ca y est, le départ est lancé. Un départ un peu plus rapide que ce que j’avais prévu. L’euphorie de la course, l’ambiance et le terrain en faux plat descendant… Difficile de garder l’allure cible. Pourtant il le faut. Je le sais, à Paris, le premier semi-marathon est plutôt roulant, mais les choses se gâtent sur la seconde partie de course, il faut donc en garder sous le pied. 

Km 7, place de la Bastille, ma famille et mes amis sont là pour m’encourager, quel pied ! C’est aussi le premier ravitaillement de la course. J’empoigne une bouteille d’eau que me tend un bénévole, j’en bois une bonne moitié, ou du moins j’essaye tant bien que mal en évitant de m’étouffer.

Je réitère l’opération sur les 3 ravitos suivants. De l’eau et rien d’autre. Enfin si ! Mon pochon de 40g Café Holyfat placé dans la poche arrière de mon short. Ça sera mon unique source d’alimentation pour les 27 premiers kilomètres. Un choix qui s’est avéré être le bon. 

Le pouce en l’air, jusqu’ici tout va bien

27e km, nouveau ravitaillement, nouvelle bouteille d’eau et cette fois ci un tiers de banane en plus.

Ma stratégie de ravitaillement était la suivante : un pochon Holyfat pour les 2 premières heures de course afin de m’assurer un apport calorique conséquent et pas de variation glycémique. Puis un morceau de banane sur chaque ravito à partir du 27e km pour bénéficier d’un apport glucidique et donc d’un effet coup de boost pour la fin de course, sans pour autant risquer une hypoglycémie.

Km 30, les jambes commencent à se raidir mais c’est normal, rien d’alarmant. Je serre les dents malgré les montées et descentes des quais de Seine et je profite au maximum de l’ambiance incroyable qui règne aux abords de la route. L’allure se maintient, 4’11, 4’08, 4’14… Un virage à droite et la voici… la côte du Boulevard Suchet. 500 m à 3 % de moyenne. En temps normal c’est une formalité, mais au 34e km d’un marathon forcément cela fait des dégâts. Je raccourcis la foulée, diminue quelque peu l’allure, l’objectif étant de m’économiser le plus possible et de relancer une fois la côte passée.

C’est chose faite. Une fois en haut, je laisse les jambes dérouler en essayant d’avoir la foulée la plus relâchée possible. A ce stade de la course, ce ne sont plus tellement les jambes qui décident mais bel et bien le mental. Dans ma tête, le décompte est lancé, plus que 4 km, 3,5 km, 3 km… La douleur est là, mais c’est en grande partie pour cela que je suis venu, alors pas question de craquer si près du but.

Sur ces derniers kilomètres, nombreux sont les coureurs qui n’en peuvent plus et qui se mettent à marcher. Ainsi, j’en double beaucoup ne manquant pas de les encourager à chaque fois : « Aller on s’accroche ! ».

Le panneau des 500 m en ligne de mire, je débranche le cerveau et achève cette dernière ligne droite à plus de 16 km/h. Il en restait (un peu) sous le pied, c’est ce que je voulais. Être en capacité de finir fort au terme d’un marathon maîtrisé. Je passe la ligne d’arrivée et coupe ma montre sans réellement connaître mon temps exact. Ma famille me rejoint et ne fait pas durer le suspens plus longtemps. 2h 57’ 45’’, la barre des 3 h est tombée, l’objectif est atteint.

Je suis très content de ma course ainsi que du chrono final. Curieusement, je ne pensais pas faire un si bon temps, pourtant à l’arrivée, j’ai le sentiment que les 2 h 55 étaient atteignables. Ce n’est pas de la déception, plutôt une envie de toujours faire mieux. 

Plus qu’une simple course, le marathon de Paris est une expérience hors du commun. Les monuments parisiens, l’ambiance qui règne à chaque coins de rue, tout est réuni pour passer un moment extraordinaire. Je souhaite à chacun d’y participer une fois dans sa vie.

  • UN ENTRE-DEUX COURSES INCERTAIN

Place à quelques jours de repos… Très peu, puisque à peine 6 jours plus tard je raccroche un dossard pour le Marathon des Causses (35 km et 1700 m D+) sur le Festival des Templiers, à Millau.

Je le savais en m’inscrivant, en 6 jours, le corps n’a pas le temps de récupérer correctement d’un effort aussi traumatisant qu’un marathon. Ce qui semble de prime abord être un choix peu intelligent, se transforme en un véritable défi.

Cet enchaînement n’est pas sans risque et il ne m’a pas fallu longtemps pour voir une douleur apparaître. Dès le mardi suivant le marathon, une douleur commence à s’installer sur l’extérieur du pied gauche, occasionnant une gène à la marche ainsi qu’en position debout. Je ne m’inquiète pas plus que ça, cela va sans doute passer tout seul.

Jeudi matin, footing sur les berges du Tarn avec Alvaro, 5 km en 5’30/km. La gêne est discrète au début, je me dis qu’elle devrait disparaître à chaud. Et bien non, elle ne cesse de s’intensifier jusqu’à perturber la foulée en fin de footing. A 2 jours de la course, je ne sais pas si je vais être capable d’aller au bout de ce trail, ni même s’il est raisonnable de prendre le départ sur un pied. Cette interrogation persistera jusqu’au dernier moment et aura de réelles conséquences sur le dénouement de ma course.

  • MARATHON DES CAUSSES, TEMPLIERS, UNE COURSE AU MENTAL

Samedi 23 octobre 2021. Le matin même de la course, je ne sais toujours pas si je serai sur cette ligne de départ ou non. Mon pied est toujours douloureux mais cela semble supportable.

Le départ est à 12 h 25. Il est 11 h, ma décision est (enfin) prise. Quitte à être à Millau, à plus de 850 km de chez moi, autant tenter le coup, même si je ne parviens pas à finir la course.  Il est 12 h 20, je suis dans la 2e vague de départ. Les coureurs de la 1ère vague se sont élancés il y a 10 min déjà. Le célèbre « Ameno » de Era résonne dans la vallée de Millau. Cinq longues minutes et c’est l’heure du départ.

Etant en queue de peloton, je suis gêné sur les 500 premiers mètres et entame alors une remontée à allure dynamique mais confortable. Un coup à gauche, un coup à droite, ce début de course s’apparente plus à un slalom qu’à un trail, mais mentalement, c’est assez grisant tous ces dépassements.

Concentré à me faufiler pour trouver de l’espace, je ne m’étais même pas rendu compte d’un détail, pourtant des plus importants. Je n’ai pas mal au pied. Voilà bien 3 km que je cours et je ne ressens pas la moindre douleur. On ne s’emballe pas, il reste 32 km et 1600 m de dénivelé positif à parcourir.

Je poursuis la course à mon rythme et arrive au pied de la première grosse difficulté du parcours. La Croix de Paulhe, une montée de 1,35 km à 23 % de moyenne. Autant dire qu’à ce moment-là, j’ai regretté de ne pas avoir de bâtons. Mais ce n’est pas le plus handicapant.

Je me retrouve très vite bloqué derrière des coureurs de la première vague. Très compliqué de doubler car le terrain ne s’y prête pas du tout. Je fais donc de mon mieux dans l’espoir de perdre le moins de temps possible.

Il m’aura fallu 18 min pour arriver au sommet de cette bosse. S’ensuivent 2 km de plat et 2 km de descente pendant lesquels je relance pour tenter de combler mon retard. Les 2 km de descente ne me font pas de cadeau, je sens que mes cuisses sont déjà bien raides. A 6 jours du marathon de Paris, cela ne m’étonne pas tellement, il va falloir composer avec la forme du jour.

12e kilomètre, je m’arrête quelques secondes pour remplir mes gourdes sur le premier ravitaillement (en eau uniquement) et me voilà reparti pour attaquer la deuxième difficulté. 3 km à 11,2 % de moyenne. J’alterne entre course à pied et marche, la montée se passe plutôt bien, je double beaucoup de coureurs. Une fois en haut, 6 kilomètres plutôt plats me séparent du prochain ravito. Je me cale en 5’/km et j’avance, avec une seule idée en tête, manger. Jusqu’ici j’ai pris le temps de manger une barre ainsi qu’une dose de 40 g d’Holyfat café, à priori je suis sur le même schéma de ravitaillement qu’une semaine auparavant à Paris, pas de raison que cela n’aille pas.

Oui mais j’ai fait une grosse erreur, qui va malheureusement me coûter ma course. Obnubilé toute la matinée par l’hypothèse de ne pas prendre le départ, j’ai complètement négligé un point essentiel : l’alimentation. Je n’ai rien mangé entre le petit déjeuner à 8 h 30 et le départ de la course 4 h plus tard. Autant dire qu’aux alentours de 15 h, je suis affamé.

Erreur de débutant, je prends tout ce qui me passe sous la main au ravitaillement : des gâteaux apéritifs, du fromage, du pain, du coca, de l’eau gazeuse… Tout ca en me disant naïvement que cela devrait va passer.

Une fois le « buffet à volonté » terminé, je repars prudemment pour éviter les crampes, le temps que les muscles chauffent à nouveau. Le rythme n’est clairement plus le même depuis quelques kilomètres, mais je parviens à limiter la casse jusqu’au ravitaillement suivant, km 27. Rebelote, pain, fromage et coca… Ce coup-ci c’est la bonne, mon organisme sonne l’alarme.

J’arrive tant bien que mal à bout de l’avant dernière descente du parcours. Très technique, les appuis sont fuyants, je manque plusieurs fois de tomber. Me voilà au pied de la dernière montée de la journée, une montée qui signe le début de ma descente aux enfers. J’essaye de trottiner sur les 100 premiers mètres… impossible. Tant pis, je finirai en marchant.

Je prends alors conscience de l’étendue des dégâts quand même marcher devient un supplice. Chaque pas un peu plus haut que l’autre me donne des vertiges et m’oblige à m’arrêter. Je perds énormément de places sur cette montée. Moi qui jusqu’alors ne me suis fait doubler que très peu, c’est difficile mentalement, mais je ne peux plus suivre physiquement. Je m’arrête, je repars, je m’arrête… Je commence à payer cher les mélanges faits aux ravitaillements. Les nausées me forcent de nouveau à m’arrêter. Au km 32, je vomis à 8 reprises, c’est un calvaire.

Je parviens à repartir et mes forces semblent revenir timidement, du moins c’est l’impression que j’ai. Malgré des crampes d’estomac terribles, je serre les dents, arrive à bout de cette ultime descente et passe enfin l’arche de l’arrivée.

Je boucle le Marathon des Causses en 4h55 au terme d’une course laborieuse. Cette course m’aura fait prendre conscience de l’importance primordiale de la nutrition pour la pratique sportive et notamment la course à pied.

En deux semaines, j’ai pu expérimenter deux courses complètement différentes. Une parfaitement maîtrisée et l’autre des plus chaotiques. La différence résidant principalement dans l’alimentation. Cette expérience me permet de mettre en lumière l’importance de manger avant un effort long et intense et de ne pas manger n’importe quoi pendant celui-ci. Lorsqu’on court, l’organisme utilise l’énergie disponible pour faire fonctionner les muscles nécessaires pour nous faire avancer, mettant de côté les organes tel que l’estomac. C’est pourquoi il est essentiel d’utiliser des produits sains et digestes, comme les produits que propose Holyfat par exemple, pour éviter ce genre de complications durant l’effort.

Je suis très content d’être allé au bout ce défi en enchaînant deux grosses courses à 6 jours d’intervalle. J’ai beaucoup appris et me lance dors et déjà dans la préparation de mon futur objectif : le 110 km de la Volvic Volcanic Expérience (VVX).

Adrien DICQUE, membre de la Holyteam.